Extraits du recueil de poème:

Trop de silence dans nos vies
l’enfance murmure ses manques
l’éphémère nous déconstruit
avec des rires de tonnerre
qui déchirent le ciel
la rose retranchée
dans le paysage des regards
espère sa beauté
au génie d’un démiurge
l’absence ouvre les portes
à la délocalisation à la dislocation de l’être
des mains palpent l’air
à la recherche d’ombre chérir
la grande découverte l’oubli

l’horizon compte les sillons de la mer
quand la Terre décompte ses pas
vers un passage familier que toute rue porte
comme l’air le mouvement des oiseaux migrateurs
dans la cyclique des saisons folles des bras balancent
finie la bombance vitale
avec ses postiches de toutes les présences
ses riens trop complets de tous les vœux en attente
avec ses images attrapées
d’un lent mouvement de tête
ses odeurs enfermées dans une idée
une idée de vous
mes trésors mes villes

mes rêveries survivent
à la cadence du désespoir
je nourris un décalage
pour me garder en contact avec la réalité
mes pensées entravées
par la brume
je poursuis une infidélité
d’ ici je ne suis pas encore
d’ici je suis de là-bas
de là-bas j’ai été
d’où vient cette voix
qui décrit, dessine le panorama
des rues à chacun de mes passages
dira-t-elle pour vérité
que je suis de toi
Ile caraïbe

quand des nuages dérobent
la poussière d’une comète
quel rêve que nous cache le vent
quelle histoire de nous
garde le temps

en moi
je vais à toi
un ciel de terre
attend un pied gauche
qui n’est pas le mien
un vaksin allume mon corps
loin des quartiers
qui m’habitent
avilissant mes sens
dans les débordements
je vais à toi

des images tronquées faussent
la conscience de mes nuits
nulle couleur prisonnière
nulle ligne droite sur l’étendue rétinienne
ne voit la gaieté des vestiges
les mapous allongés
n’ont pas perdu les clés du rêve
ils dessinent des zigzags
des zigzags continuels
qui portent la chaleur
d’un cercle de bras

qui dit le geste
raccourcit l’existence
dans le sens du mot
taire les parts de moi
dans les pas
en quête de liberté
apparaître l’eau en colère
dans mes plaintes mes murmures
le désordre de mes carreaux
les tournoiements de mes jeux
entre les lignes de coquillages
dessinées par la mer caraïbe
part de moi
j’attrape tes courbes dans mes courses
et ton soleil l’éclat de mes rires